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mercredi 21 avril 2010

Huppé cul 1 (hc1) - De la rue Principale à Nordin Benallal

Didier de Lannoy
Huppé cul !
assemblage de chroniques prétendument quotidiennes, janvier-mai 2008
Série 1 - Extraits

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Rue Principale, à Ambly


Paulo Carter et moi avions un ami commun qui habitait

- Quel numéro déjà ?!

rue Principale, à Ambly. Il savait parler aux oiseaux et leur jouer du piano. Mais il ne répondait jamais quand on frappait à sa porte et ne laissait personne entrer dans sa maison…

Peut-être était aussi capable de vider un sanglier et d’éventrer une prostituée des bas-fonds de Jemelle et de Marloie à la fin du XIXe siècle ou dans la première moitié du XXe siècle ?


Rue de Rome, à Saint-Gilles


Un autre

- Un autre ami ?

habitait la rue de Rome à Saint-Gilles, au numéro 39, toujours assis sur le balcon du premier étage. Il se retenait de hurler lorsqu’il voyait les flics rôder, s’amener, frôler, poisser... mais il faisait quand même passer le message et prévenait les clients de la Maison du Livre. C’était un chien bâtard, de langue inconnue, prude et très scrupuleux.


Le grand bazar


Disposez-vous d’une armée de deux cent cinquante tueurs ? Avez-vous un gros pli de graisse à la base arrière du cou ? Quel est votre créneau, quelle est votre expertise ?

Trafic d’armes, trafic de matériaux nucléaires, trafic de kits d’aide det de matériel chirurgical, trafic d’aliments avariés et de médicaments périmés, trafic d’ovules, trafic de foies et de reins, faux documents, fabrication et revente d’orphelins, prostitution, trafic de drogue et d’OGM, trafic de scouts et de chrétiens qu’on envoie sur des chantiers de reboisement en Afrique

- Commerce !

meurtres sur contrat, trafic de minerais rares, trafic de pierres précieuses

- Commerce !

blanchiment d’argent, fraudes fiscales, rackets et protections, mendicité organisée, trafic de déchets, de cigarettes, de caviar, de pétrole, d’œuvres d’art, d’handicapés et

- Commerce ! Je suis un marchand ! Je me revendique de l’économie de marché !

de cadavres, d’antiquités, de devises, de papiers d’identité, de joueurs de football, de grâces sanctifiantes, de terres arables, d’eau potable, de réserves de nourriture et de renseignements militaires…


Un pet quotidien


Huppé cul ?

Un pet par jour. Une nouvelle, une page, un paragraphe, une phrase, un pain quotidien…

Une pipe, une petite partie de plaisir, un papier cul par jour. Je m’essaie à un nouveau genre, vous jouez ? Une fois par jour ?

- Toujours pas de blog ?

- Je ne suis pas une pute sur catalogue ou en vitrine, moi ! Je descends sur le terrain, moi ! Je racole sur les trottoirs et sur les toits, à l’entrée des gares et des parcs, dans les autobus, les ascenseurs et les escaliers, au fond des fosses de garage !


Jèze et sa bande


Une mauvaise nouvelle. Christ est ressuscité et

- Quand on frappe à la porte, tout le monde a peur d’aller ouvrir !

à peine sorti de taule, il a repris la tête de sa bande et relancé son business… sortant les couteaux aux arrêts de bus et dans les synagogues, rançonnant les voyageurs et les croyants, rackettant les commerçants 24/24 et les boîtes de nuit, menaçant les bedeaux et les portiers, faisant irruption dans les fêtes privées.


Nordin Benallal


J’aime que Nordin Benallal ne supporte pas de rester en prison. J’attends avec impatience sa cinquième évasion. J’espère que ça se passera sans problème. Et que Nordin (dont la dernière cavale a pris fin à La Haye et qui est, à présent, aurait été mis au secret dans une prison néerlandaise « de haute sécurité »), réussira, comme d’habitude, à s’enfuir sans faire de mal à une mouche. Avec les flics et les matons un mauvais coup est si vite attrapé…


Oui mais


Oui, mais avant de lancer ma nouvelle machine, je ferais peut-être bien de demander l’avis de quelques
testeurs, non ?

Huppé cul 1 (hc3) - Du rêve américain au velouté des salades

Didier de Lannoy
Huppé cul !
assemblage de chroniques prétendument quotidiennes, janvier-mai 2008
Série 1 - Extraits


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Le rêve américain


Avant de devenir, d’abord, un célèbre chef de bande et, par la suite, une vedette internationale de la télévision et un grand distributeur de chaleureuses poignées de main, Jèze, d’origine plutôt modeste, rêvait d’immigrer aux Etats-Unis et

- Et si je m’engageais dans les Marines pour installer la démocratie en Iraq, ça pourrait faire avancer mon dossier, non ?

de devenir Américain ?


La Perruche bleue


J’ai été conçu

- Ramasse ton slip et ton soutif… et retourne au comptoir !

dans les chiottes de « La Perruche bleue » et je suis né trop vite.

Ma mère n’a même pas eu le temps de m’avorter. La grenade avait été activée. Il n’y avait plus moyen de remettre la goupille en place.

Déjà le chauffeur de salle faisait siffler son fouet…

Ma mère a été prise de panique. Elle a dissimulé son visage derrière les mains en poussant de petits cris affolés.


Cendrillon


On ne lui a même pas proposé

- Ce n’est pas parce que j’ai arraché ta couche-culotte et dégrafé ton moule-tétasses que tu vas tomber enceinte tout de suite !

à ma mère de payer son loyer, ses factures d’eau et d’électricité, ses sacs de madesu et de loso, son carton de makayabu, ses cartes téléphoniques (Celtel et Vodacom), sa grosse boîte de lait Nido, ses frais d’accouchement à l’hôpital général.

Eh oui, ça n’a pas toujours été facile, pour moi, d’être le fils de Cendrillon…


Un peu fâché


J'aime bien quand Carmelo Virone est « un peu fâché » contre moi... et qu’il m’appelle Didjé... Je crois que je vais me le garder ce nom-là, pour toute la série des « Huppé cul ! », Didjé…

D’ailleurs, j'aime bien que les gens que j’aime bien soient "un peu fâchés" contre moi, Didjé... Si bien que je déclare solennellement m’opposer à

- Leur sexe est intrinsèquement diabolique !

la prêtrise des femmes et que je préconise le clonage des prêtres comme moyen de remédier à la crise des vocations, Didjé !


Le velouté des salades


Le velouté des salades ?

C’est la limace planquée en dessous de la feuille verte.


Huppé cul 1 (hc8) - De le journée dans l’escalier à la dernière branlette

Didier de Lannoy
Huppé cul !
assemblage de chroniques prétendument quotidiennes, janvier-mai 2008
Série 1 - Extraits


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Une journée dans l’escalier


Un oeuf dur

- Tiens-toi donc à la rampe, ducon !

voulait retirer son courrier dans le couloir du rez-de-chaussée et

- Ce n’est pas vrai ! Je ne lui ai même pas fait de croche-pied ! Depuis quand les œufs (même durs) ont-ils des jambes ?

s’est cassé la gueule et fracturé le col du fémur en descendant la dernière volée de marches…

Un bébé, abandonné sur le palier du troisième étage, dans une poussette sans chauffeur, aussitôt que

- Bonjour, petit bidouche ! Guiliguili ! Ça va ?

j’ai enlevé le bouchon qui lui fermait la gueule, s’est mis à couler, couler, couler gravement…

dégouliner en glougloutant…

puis à hurler, hurler, hurler ! Et j’ai dû cavaler comme un lavement et disparaître à toute biture pour ne pas me faire lyncher…

Quelle journée !

Ce n’était pas mon jour de gagne !


L’oiseau rare


Ma femme mariée (à Yolo-Nord, au 11.12.13, au fond de la parcelle du patron, dans le kikoso, assise à croupetons, faisant son petit pipi, à l’aube, en ronronnant), depuis qu’Evoloko Joker lui a

- Oh !

glissé la main

- Tu veux recevoir un pain dans la gueule, connard ?

- Faut pas te fâcher, Maman ! On peut toujours essayer, non ?

dans la culotte, ne pond plus que des œufs sans cholestérol ?


Jèze et sa bande urbaine



Jèze, son père n’avait jamais été boxeur. Il s’était seulement cassé le nez dans un accident de taxibus. Jèze et sa bande de minables et de tarés effectuent une descente dans les riches quartiers de la périphérie de Bruxelles ou de Kinshasa. Dans les environs de l’avenue du Prince d’Orange ou de l’avenue Okito

- A Binza-Pigeon dans la commune de Ngaliema ! Pas au quartier Mikondo, dans la commune de Kimbanseke !

A la campagne, quoi ! Ou presque... Chez les friqués, les huppés, les pourvus, les calés…

Jèze repère une villa cossue entourée d’un paradis terrestre rempli d’arbres fruitiers : des pommiers, des poiriers, des manguiers, des safoutiers, des badamiers, des bananiers, des orangers, des oliviers, des avocatiers, des mangoustaniers. Jèze pénètre dans le verger… et

- De quoi vous avez peur, les mecs, des diables ou des serpents ?

s’étonne de constater que les autres rechignent à le suivre. Et s’énerve

- Dans toute la bande, il y en a un seul qui bosse et tous les autres font le guet ?


Correspondances particulières et nouvelles de la rédaction


Daniel Simon me

- Salut, Monique ! T’as l’bonjour de Daniel !

demande de saluer Monique Phoba, pour son talent.


Anne-Marie La Fère m’écrit que mes « petits contes à dormir debout (l’) amusent avec plus ou moins de succès » mais considère qu’il y a trop de personnages dans mes histoires alors même

- Hop là !

qu’elle vient, à l’instant même, d’en intégrer la compagnie. Eh oui, tous mes amis m’accompagnent dans la plupart de mes textes. Et plusieurs connaissances aussi.

- Tous m'appartiennent ! Tous sont mes personnages !

Chaque existence mérite d’être écrite, non ? Chaque personne peut (et même, parfois, « aspiiiiire à ») devenir un personnage, non ? A-t-on jamais assez de voisins, de collègues, de potes et de copines ? Doit-on cesser de rencontrer des gens ? Que faire ? Abandonner des personnages en trop dans un dépôt de la STIB ? Installer des caméras de surveillance dans la forêt de Nassogne et ne plus raconter que les exploits de Guillaume de la Marck, le sanglier des Ardennes ? Jouer au badminton avec des hirondelles ? Se résigner à la victoire de Sarkozy et accepter d’être, tôt ou tard, fusillé par les troupes franquistes ? Ne plus partir en voyage et rester à la maison pour s’occuper de Cannabis, l’octodon de Sukina (une foutue gamine qui devient une sacrée jeune fille et qui n’a plus rien à cirer de son rat depuis qu’elle s’est trouvée un petit copain) ? Se recycler dans la compassion et offrir un bâton de craie à un élève nécessiteux ?

Bien sûr, il y a aussi des pertes et des rejets… Certains joueurs

- Eux aussi sont des autres ! Mais ils ne veulent pas l’admettre !

craquent, se lassent, refusent de se reconnaître dans ce que j’écris d’eux, demandent à quitter la partie

- Sauf ma femme mariée dont le cul, toujours, demeure !

s’énervent, protestent, se révoltent, mettent en doute, s’inscrivent en faux, menacent de m’envoyer des témoins ou un avocat, prétendent ne pas me fréquenter, démentent avoir jamais bu un verre en ma compagnie, me nient carrément…


Et Bibish Mumbu (on ne la voit plus, on ne l’entend plus, on ne la lit plus… doit-on commencer à s’inquièter) ?

Bibish est toujours en mouvement ! Aujourd’hui à Lubumbashi, sur le terrain de Finasser (salut, M’Fi !), demain à Kisangani, après-demain à Bruxelles... Elle m’écrit qu’elle est

- Hyper occupée ?

« Huppée cool ! »


Huppé cul ? Quotidien à périodicité douteuse ?

On menace (comme on retire une étoile à un cuisinier qui déçoit) de m’enlever le cul ?

Bon, que je m’explique ?

Eh bien voilà : j’ai décidé d’en faire à ma guise, de me taper des journées de cinquante-deux heures et d’autres qui ne durrrerrront jamais plus de trente-cinq secondes maximum…

Ça ira comme ça ? On est tous d'accord ? Carmelo Virone n'est pas "contraire" ?


Les vers de terre n’ont pas d’oreilles


Ma femme mariée me critique : « Pour protéger la liberté, tu pourrais la mettre en cage ».

Waow ! Pas mal !

- Tu prends bonne note ?

- Ben oui, Bobonne ! Je prends, je bonne, je note ! Cinq sur cinq !

En fait, j’ai l’esprit lent… et je fais semblant d’entendre… mais je ne saisis pas bien : « Qu’est-ce qu’elle a bien pu vouloir dire ? Je l’ai aimée pour sa liberté et puis je l’ai épousée et puis elle s’est retrouvée au Zoo d’Anvers ou à Guantanamo ? »

Apparemment excédée

- Excrément de ver de terre ! Espèce de sakabwang !

ma femme mariée hausse les épaules, se lève, enfile son « polaire » et sort acheter des cannettes et des clopes dans un magasin de nuit des environs. Je ne sais même pas

- Elle me reproche seulement d’être sourd ? Est-ce un motif suffisant de divorce ? Il faut croire qu'aujourd'hui, décidément, ce n’est pas mon jour de gagne ?

si elle reviendra.


Les Reines


Elles étaient soeurs jumelles. Elles dormaient dans le même lit. Le Roi les prit toutes deux (avec promesse

- Mais, aujourd’hui, les fiancées ne sont plus comme dans le temps ! Elles se comportent comme des musiciens ! Il faut les payer pour qu’elles acceptent de répéter !

de mariage) pour maîtresses.


Meurs vite, mon amour


Meurs vite.

Meurs vite et ne traîne pas.


N’attends pas d’être laid. N’attends pas d’être riche ou célèbre. N’attends pas d’être con et chiant. N’attends pas d’avoir mal à la tête, au bide, au coeur ou aux poumons. N’attends pas de te casser le col du fémur sur le trottoir ou dans l’escalier. N’attends pas qu’Alzheimer ou Parkinson te rattrapent et te grignotent.

N’attends pas d’être mort.


Meurs vite et sois beau comme un mac (et je me ferai belle comme un pute et je viendrai

- Je n'en attendais pas moins de toi, petite chérie! Une vraie femme mariée n’oublie jamais de masturber son conjoint à l’agonie et de conserver ses derniers spermatozoïdes dans un aquarium !

en minijupe et bas résille, te faire une pipe), comme Litvinenko sur son lit d’hôpital.

Réconcilié.