mercredi 21 avril 2010

Huppé cul 1 (hc8) - De le journée dans l’escalier à la dernière branlette

Didier de Lannoy
Huppé cul !
assemblage de chroniques prétendument quotidiennes, janvier-mai 2008
Série 1 - Extraits


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Une journée dans l’escalier


Un oeuf dur

- Tiens-toi donc à la rampe, ducon !

voulait retirer son courrier dans le couloir du rez-de-chaussée et

- Ce n’est pas vrai ! Je ne lui ai même pas fait de croche-pied ! Depuis quand les œufs (même durs) ont-ils des jambes ?

s’est cassé la gueule et fracturé le col du fémur en descendant la dernière volée de marches…

Un bébé, abandonné sur le palier du troisième étage, dans une poussette sans chauffeur, aussitôt que

- Bonjour, petit bidouche ! Guiliguili ! Ça va ?

j’ai enlevé le bouchon qui lui fermait la gueule, s’est mis à couler, couler, couler gravement…

dégouliner en glougloutant…

puis à hurler, hurler, hurler ! Et j’ai dû cavaler comme un lavement et disparaître à toute biture pour ne pas me faire lyncher…

Quelle journée !

Ce n’était pas mon jour de gagne !


L’oiseau rare


Ma femme mariée (à Yolo-Nord, au 11.12.13, au fond de la parcelle du patron, dans le kikoso, assise à croupetons, faisant son petit pipi, à l’aube, en ronronnant), depuis qu’Evoloko Joker lui a

- Oh !

glissé la main

- Tu veux recevoir un pain dans la gueule, connard ?

- Faut pas te fâcher, Maman ! On peut toujours essayer, non ?

dans la culotte, ne pond plus que des œufs sans cholestérol ?


Jèze et sa bande urbaine



Jèze, son père n’avait jamais été boxeur. Il s’était seulement cassé le nez dans un accident de taxibus. Jèze et sa bande de minables et de tarés effectuent une descente dans les riches quartiers de la périphérie de Bruxelles ou de Kinshasa. Dans les environs de l’avenue du Prince d’Orange ou de l’avenue Okito

- A Binza-Pigeon dans la commune de Ngaliema ! Pas au quartier Mikondo, dans la commune de Kimbanseke !

A la campagne, quoi ! Ou presque... Chez les friqués, les huppés, les pourvus, les calés…

Jèze repère une villa cossue entourée d’un paradis terrestre rempli d’arbres fruitiers : des pommiers, des poiriers, des manguiers, des safoutiers, des badamiers, des bananiers, des orangers, des oliviers, des avocatiers, des mangoustaniers. Jèze pénètre dans le verger… et

- De quoi vous avez peur, les mecs, des diables ou des serpents ?

s’étonne de constater que les autres rechignent à le suivre. Et s’énerve

- Dans toute la bande, il y en a un seul qui bosse et tous les autres font le guet ?


Correspondances particulières et nouvelles de la rédaction


Daniel Simon me

- Salut, Monique ! T’as l’bonjour de Daniel !

demande de saluer Monique Phoba, pour son talent.


Anne-Marie La Fère m’écrit que mes « petits contes à dormir debout (l’) amusent avec plus ou moins de succès » mais considère qu’il y a trop de personnages dans mes histoires alors même

- Hop là !

qu’elle vient, à l’instant même, d’en intégrer la compagnie. Eh oui, tous mes amis m’accompagnent dans la plupart de mes textes. Et plusieurs connaissances aussi.

- Tous m'appartiennent ! Tous sont mes personnages !

Chaque existence mérite d’être écrite, non ? Chaque personne peut (et même, parfois, « aspiiiiire à ») devenir un personnage, non ? A-t-on jamais assez de voisins, de collègues, de potes et de copines ? Doit-on cesser de rencontrer des gens ? Que faire ? Abandonner des personnages en trop dans un dépôt de la STIB ? Installer des caméras de surveillance dans la forêt de Nassogne et ne plus raconter que les exploits de Guillaume de la Marck, le sanglier des Ardennes ? Jouer au badminton avec des hirondelles ? Se résigner à la victoire de Sarkozy et accepter d’être, tôt ou tard, fusillé par les troupes franquistes ? Ne plus partir en voyage et rester à la maison pour s’occuper de Cannabis, l’octodon de Sukina (une foutue gamine qui devient une sacrée jeune fille et qui n’a plus rien à cirer de son rat depuis qu’elle s’est trouvée un petit copain) ? Se recycler dans la compassion et offrir un bâton de craie à un élève nécessiteux ?

Bien sûr, il y a aussi des pertes et des rejets… Certains joueurs

- Eux aussi sont des autres ! Mais ils ne veulent pas l’admettre !

craquent, se lassent, refusent de se reconnaître dans ce que j’écris d’eux, demandent à quitter la partie

- Sauf ma femme mariée dont le cul, toujours, demeure !

s’énervent, protestent, se révoltent, mettent en doute, s’inscrivent en faux, menacent de m’envoyer des témoins ou un avocat, prétendent ne pas me fréquenter, démentent avoir jamais bu un verre en ma compagnie, me nient carrément…


Et Bibish Mumbu (on ne la voit plus, on ne l’entend plus, on ne la lit plus… doit-on commencer à s’inquièter) ?

Bibish est toujours en mouvement ! Aujourd’hui à Lubumbashi, sur le terrain de Finasser (salut, M’Fi !), demain à Kisangani, après-demain à Bruxelles... Elle m’écrit qu’elle est

- Hyper occupée ?

« Huppée cool ! »


Huppé cul ? Quotidien à périodicité douteuse ?

On menace (comme on retire une étoile à un cuisinier qui déçoit) de m’enlever le cul ?

Bon, que je m’explique ?

Eh bien voilà : j’ai décidé d’en faire à ma guise, de me taper des journées de cinquante-deux heures et d’autres qui ne durrrerrront jamais plus de trente-cinq secondes maximum…

Ça ira comme ça ? On est tous d'accord ? Carmelo Virone n'est pas "contraire" ?


Les vers de terre n’ont pas d’oreilles


Ma femme mariée me critique : « Pour protéger la liberté, tu pourrais la mettre en cage ».

Waow ! Pas mal !

- Tu prends bonne note ?

- Ben oui, Bobonne ! Je prends, je bonne, je note ! Cinq sur cinq !

En fait, j’ai l’esprit lent… et je fais semblant d’entendre… mais je ne saisis pas bien : « Qu’est-ce qu’elle a bien pu vouloir dire ? Je l’ai aimée pour sa liberté et puis je l’ai épousée et puis elle s’est retrouvée au Zoo d’Anvers ou à Guantanamo ? »

Apparemment excédée

- Excrément de ver de terre ! Espèce de sakabwang !

ma femme mariée hausse les épaules, se lève, enfile son « polaire » et sort acheter des cannettes et des clopes dans un magasin de nuit des environs. Je ne sais même pas

- Elle me reproche seulement d’être sourd ? Est-ce un motif suffisant de divorce ? Il faut croire qu'aujourd'hui, décidément, ce n’est pas mon jour de gagne ?

si elle reviendra.


Les Reines


Elles étaient soeurs jumelles. Elles dormaient dans le même lit. Le Roi les prit toutes deux (avec promesse

- Mais, aujourd’hui, les fiancées ne sont plus comme dans le temps ! Elles se comportent comme des musiciens ! Il faut les payer pour qu’elles acceptent de répéter !

de mariage) pour maîtresses.


Meurs vite, mon amour


Meurs vite.

Meurs vite et ne traîne pas.


N’attends pas d’être laid. N’attends pas d’être riche ou célèbre. N’attends pas d’être con et chiant. N’attends pas d’avoir mal à la tête, au bide, au coeur ou aux poumons. N’attends pas de te casser le col du fémur sur le trottoir ou dans l’escalier. N’attends pas qu’Alzheimer ou Parkinson te rattrapent et te grignotent.

N’attends pas d’être mort.


Meurs vite et sois beau comme un mac (et je me ferai belle comme un pute et je viendrai

- Je n'en attendais pas moins de toi, petite chérie! Une vraie femme mariée n’oublie jamais de masturber son conjoint à l’agonie et de conserver ses derniers spermatozoïdes dans un aquarium !

en minijupe et bas résille, te faire une pipe), comme Litvinenko sur son lit d’hôpital.

Réconcilié.

Huppé cul 1 (hc9) - De l’Irak à l’Iraq

Didier de Lannoy
Huppé cul !
assemblage de chroniques prétendument quotidiennes, janvier-mai 2008
Série 1 - Extraits

 
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Jusqu’à quand ?
Dois-je taire que le sergent Ed Novak, le sergent Tim Ford, le capitaine Rendal (un ancien d’Irlande et du Kosovo), le sergent Moore, le capitaine Martin Ewers, le caporal Martin Travis (de Californie), le chef de peloton Joseph Keith et le sergent Bowman1 ont découvert, couchés à même le sol, dans une pièce de l’orphelinat Al-Hanan à Bagdad, plusieurs corps d’enfants, couverts de plaies et assaillis par les mouches et que le sergent Ira Jaskar, le sergent Bill Mack, le sergent Daniel Brown (chauffeur de camion-citerne), le commandant Rod Coffman (officier de liaison des Marines) et le sergent Dimitreus Spangero ont alors jeté
- Même pas une grenade !
un ballon de basket dans la pièce pour voir si les mômes réagissaient et
- Oh, ils sont vivants !
que l’un des gosses a redressé la tête et qu’il a ouvert les yeux pour voir ce qui se passait et
- Ce gamin-là n’aime pas la NBA ? Préfère-t-il le soccer ? Déteste-t-il les Ameriki ? De quoi ses parents sont-ils décédés et dans quelles circonstances ? Ont-ils été carbonisés dans leur camionnette, à un barrage routier ou pulvérisés par un missile dans leur chambre à coucher, victimes d’une confusion dans la chaîne de commandement ?
s’est allongé à nouveau par terre, faisant semblant d’être à nouveau mort ?
Dois-je ignorer les massacres de civils à Haditha et à Ishaqi et la façon dont le major Mike Jackson, l’aumonier catholique Bill Wright (du Texas), le général Daniel Vernon, le lieutenant Thomas Mac Lellan et le colonel Stuart Abbott ont mené l’enquête
- Nous avons respecté toutes les règles d’engagement ! L’US Army n’est responsable d’aucune faute !
et réfuté toutes les accusations
- Indignes, ignominieuses, répugnantes ! Nous regrettons la mort de civils mais c’est inévitable ! Nous sommes en guerre, non ? Est-ce un péché de tuer des Irakiens ?
portées contre eux ?
Dois-je taire ça aussi ?
Et ne plus citer le nom des criminels et voiler leur visage pisseux et dissimuler leurs fesses merdeuses et ne plus parler non plus des bagnes-forteresses et des mitards fortifiés d’Irak
le soldat Jason Peppers, le soldat de première classe Joseph Sierakowski, le caporal David Balder, le caporal Steven Kelley, le colonel Mike Stasser, le sergent Jeremy Cooper, le lieutenant-colonel Valonza Fisher se planquent, se branlent ou se doigtent, musclent leurs pectoraux ou leur vagin, s’étirent les jambes, se curent les ongles, consultent des psychologues, écrivent
- Qu’est-ce qu’on leur est rentré dans le lard à ces salauds d’enfants de putains ! Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ! Et du Pétrole qui fait rouler nos bagnoles !
des lettres à leurs parents et à leurs ami(e)s
et où les soldats Paul Hutchinson (de Junction City, dans le Kansas) et Philip Pickard, le sergent Frank Steele, le capitaine Fiona Thorpe, le premier sergent William Kidd (de Detroit), le lieutenant Robert Bann et le capitaine Ken Parker (qui a peur la nuit et pisse parfois dans son froc), torturent à la simulation
- Mais quelquefois ça rate, quand ces enfants de putains de salauds ne savent pas nager !
de noyade
et où le lieutenant Chris Wilkerson, les soldats Delafonte, Jimenez et Meyer, le soldat Dair Niemann, le tireur d’élite Brock (du Tennessee), le premier sergent Bob Edick, le lieutenant Richard Staab (de l’Ohio) et le lieutenant-colonel Rock Cox obligent leurs prisonniers à chanter, danser, sauter de joie, à s’enivrer et
- Souriez devant la caméra ! Chantez, dansez, sautez ! Chevauchez, culbutez, bouquinez ! Buvez, mangez, pissez ! Faites la fête, putains d’enfants de salauds, la fêeeeeeeeeeete!
à faire la fête avec leurs mères et leurs soeurs, à manger de la soupe au cochon et à uriner et à déféquer sur les portraits de Saddam Hussein ou dans la grande salle de prière de la mosquée ?
Jusqu’à quand ?

Les camions rentrent à la base
En début de soirée, des camions militaires, roulant à vive allure, écrasent
- Le soir, les phares, la poussière, le sable dans les yeux… on n’y voit presque rien !
les enfants qui jouent
- Trop près de la route ! Imprudemment ! On devrait s’en faire un rien que pour donner une leçon aux parents ! Des irresponsables, ces gens-là ! On ne laisse pas les mômes jouer dans la rue une fois la nuit tombée !
au bord de la chaussée… et qui voulaient seulement quémander un signe de la main, du chewing-gum, un sourire … mais les chauffeurs avaient reçu des instructions très strictes et
- Dans l’obscurité, il est interdit d’arrêter un convoi !
poursuivent leur route.
- Ces salauds de putains d’enfants seraient bien capables de nous lancer des pierres ou des cocktails Molotov !
Le corps d’une petite fille est projeté en l’air et percute le pare-brise d’un camion.
La tête de la gamine explose, la cervelle et le sang giclent.
Le chauffeur du véhicule accidenté est aveuglé mais
- Un très bon élément ! Un soldat discipliné, dressé pour tuer, prêt à mourir ! Un excellent conducteur !
ne perd pas le contrôle de son engin et continue de foncer vers la base de l’US Army et (ses hamburger, ses cheeseburgers, ses milk-shakes à la fraise, ses cannettes de bière, ses cookies « comme à la maison »)
la civilisation.

Dieu est-il passé dans l’autre camp ?
Les derniers Croisés britanniques en poste au cœur de la ville de Bassora, au moment de quitter le palais qu’ils occupaient, sur la rive droite du Chatt el-Arab, pour se replier dans une base aérienne fortifiée à 25 kilomètres du centre-ville, se sont-ils posés
- Une défaite éhontée ou une simple débâcle ? Dieu est-il encore avec nous ?
quelques questions ou les Shérifs sont-ils prêts
- Prêts à redécoller ? A frapper de stupeur les montagnes et les océans, la lune et les étoiles ? A restaurer d'autres démocraties ailleurs dans le monde ?
à recommencer ?

Note de la rédaction
Cet « Huppé cul », à thème unique, répond à une sollicitation collective de « Het beschrijf » qui m’a été (comme à tout le monde) adressée
- Bonjour, soeur !
par Brigitte Neervoort. Je me suis donc appliqué à repeigner et à ravauder quelques textes de l’agence AnaCo (« Ana et le Congo ») sur la guerre anglo-américaine en Irak .
Sorry ?

Correspondancs particulières, suivi
Judith Bisumbu fait mine
- Je trouve injuste d'être traitée de "sacrée bavarde" pour 60 secondes de conversation avec mon amant téléphonique du jeudi !
de grognonner et
- Je revendique donc un allongement de mon temps de parole pour justifier cette appellation
revendique.
Tandis (aussi) que Anne-Marie La Fère
- D'accord, d'accord, Vieux Didier !
se montre beauuuuucoup plus accommodante.
Tandis (enfin) que je demande à ma femme mariée
- Pour que tu t’impliques plus activement dans ma chronique, quoi !
de me raconter son séjour à Vincemont, chez Arantxa et Bernard.
Et voilà ce qu’elle me rapporte, à quelques mots près, trois jours après : « Tout le monde était dehors… Le soleil se promenait à poil dans un ciel sans nuages… Deux chevaux
- Dont Antoinette voulait absolument voir les zizis ?
broutaient, pétaient et galopaient dans le pré de derrière… Cinq énormes culottes de la voisine de gauche se balançaient sur un fil à sécher le linge… Bernard était parti bosser, planter des poteaux, quelque part dans la brousse… Arantxa, Marychelo, Antoinette et moi-même, nous nous disputions le banc de Wim, le voisin d’en face, un homme
- Un cupide, un baveux, un convoiteur de la femme mariée de quelqu’un d’autre, sans doute ?
absolument charmant, un Hollandais »
1 Véritables patronymes relevés au hasard sur quelques pierres tombales blanches du cimetière d’Arlington ? Même pas !

Huppé cul 1 (hc10) - Des étangs d’Ixelles à la famille Vérole

Didier de Lannoy
Huppé cul !
assemblage de chroniques prétendument quotidiennes, janvier-mai 2008
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Les familiers du Home Van Aa et les riverains des étangs d’Ixelles


Qui aurait pu supposer que

Pourquoi me cache-t-on depuis toujours que

C’est quel dimanche dernier encore de la semaine prochaine que

- Eh oui ! Depuis que Jipéji se la coule douce, plus personne n’est en mesure de m’éclairer ! On ne me tient plus informé de rien ! Les « nouvelles du village » me manquent !

Gauthier de Villers et

- A moins qu’il ne s’agisse de ma femme mariée et de Robert Dehoux ?

Yaki, l’épouse de Bob Dangerfield (alias Cromagnon), vont-ils, ont-ils été, iront-ils encore ou

- Ou bien s’agissait-il d’Hélène Taquet et de Serge Goldwicht, effectuant une descente dans la vallée du Maelbeek ? Ou de Pascale, de Violaine, de Jean-Marc ou de Nele, vadrouillant aux alentours du marché « fleurs et plantes » du samedi ou du dimanche matin?

n’iront-ils plus jamais

faire du jogging, coude à coude, au risque de se faire écraser par un vieil arbre (fragilisé par l’âge, les vents violents et le chantier de rénovation de la place Flagey), installé depuis toujours près du monument Thyl Ulenspiegel, le long des...

jeter, de concert et nuitamment, le cadavre

- Il s’appellerait Gilles !

torturé d’un jeune Africain, sans papiers, d’âge indéterminé et de nationalité inconnue, derrière les buissons du jardin de devant d’une maison de maître de l’avenue Charles de Gaulle, bordant les...

ou partager un cornet de frites-mayo, acheté au fritkot des...

- Au FFBSS 1 ? Chez Bosteels ?

- Ben oui, chez Bosteels ! L’enseigne de la baraque n’a pas été modifiée mais le propriétaire-exploitant actuel s’appelle Thierry Van Geyt ! Depuis déjà dix ans !

qui vient de quitter le square Fernando Pessoa et de s’installer de l’autre côté de la place Flagey, près de l’arrêt du bus 71, de l’église Sainte-Croix et du café Belga et qui tourne, à présent, résolument le dos aux...

ou jeter à l’unisson, sans enfiler au préalable des gants de vaisselle parfumés à la framboise, ni craindre une quelconque intoxication botulique, de vieux croûtons de pain moisi aux canards des...

ou sortir de sa caverne et pêcher au harpon, en bande, le crocodile qui s’est planqué dans les grandes profondeurs des...

étangs d’Ixelles ?


Le vieux baobab


D'accord, le vieux baobab ne craint pas la morsure fatale des serpents… mais il n’aime pas trop quand même la vie en société. Et encore moins

- Personne ne peut pas obliger un épouvantail à porter de nouvelles fringues !

de devoir renouveler sa garde-robe, se laver, se raser et s’habiller pour sortir, rencontrer des gens et se faire des relations, manger au resto et finir la soirée en boîte de nuit.


Un faux type


Un type a été arrêté parce qu’il se promenant en pleine la rue avec un faux dictionnaire et

posait à tout le monde (facteurs, épiciers, boulangers et pharmaciens) (piétons, cyclistes, skatistes et automobilistes) de fausses questions auxquelles personne ne pouvait répondre et

provoquait de vrais embouteillages et de vrais accidents de circulation (avec de vraies morts d'hommes).


Tshelé


On l’appele

- Etait-ce un nom de guerre, un nom de scène, un nom de genre ou, tout simplement, un nom de baptême ?

Tshelé ou Tshelelé. Jadis appétissante comme une pintade, autrefois pure comme de l’eau en sachet vendue (et chantée

- Maïapio ! Maïapio !

par Fiston Nasser Mwanza jusqu’à Lubumbashi) au bord de la grand-route, Tshelé-la-modeste qui ne s'était jamais regardée dans un miroir avant d'avoir atteint l’âge de dix ou onze ans, Tshelé-la-virtuose qui était soliste dans la chorale des enfants de la paroisse protestante, Tshelé-la-vertueuse qui voulait devenir institutrice dans une école primaire du district des Cataractes, Tshelé exerce à présent,

- Une poivrote, une fêtarde, une tubarde, une planeuse, une chaudasse !

la profession de femme libre à Kimpese.

Mais que s'est-il donc passé ?

Voilà : Deux ans après ses premières règles, Tshelé avait été hélée, piquée, lardée, mordue par

- Un curé ou un pasteur (et tous ses acolytes), un premier sergent (et tous ses « éléments ») ou le directeur d’une école d’instituteurs (et tous ses enseignants) qui, ensemble, avaient convenus de rendre hommage à sa beauté et de lui dispenser gratuitement, de nuit, en privé, dans un confessionnal, un corps de garde ou un kikoso, une formation (leçons de fiançailles, travaux de binage et de dépotage) préparatoire au mariage ?

une bande de serpents et niquée, niquée, niquée, niquée par tout un parti de singes criards, en rut, devant le camp militaire, sur le chemin de l’école ou en revenant du temple ou de la chapelle…

Et, depuis lors, Tshelé

- Déviergée, mutilée, plombée, hallucinée ? Elle est devenue complètement barjo (ou zoba), disait-on à Kimpese et dans tout le territoire de Songololo !

danse et rit et boit et fume et chante et danse et danse et danse et danse et danse et rit et boit et fume et chante et danse et rit et chante et danse et danse et danse et danse et danse le ndombolo et boit le lotoko et fume le diamba tous les soirs, dans tous les bars et dans tous les hôtels, dans tous les chambres et dans tous les bras, jusqu’à épuisement…

Mais... l'histoire ne va quand même pas se terminer comme ça ? La morale finira bien par être sauve ?

Qu'on se rassure ! Tshelé, férocement déterminée, vient de fonder sa petite entreprise de développement personnel dont l'objectif est de racoler et de besogner, besogner, besogner et de faire sau-

ter au plafond

- Et les camionneurs de la route de Matadi aussi !

tous les bandards de la cité de Kimpese et de leur foutre à tous le sida ou, à défaut

- On donne ce qu’on peut !

la chtouille ou, à défaut

- On ne peut donner que ce qu’on a !

la sopis, aaaaaaaaaaah !

ou toute autre maladie que l’eau de Javel, l'eau bénite, les saintes huiles, la graisse de serpent ou les grimaces des pasteurs et des sorciers ne permettent pas de guérir !


Correspondances particulières et nouvelles de la rédaction


Jean-Paul Dispaux, ce diffamateur de la

- Laquelle ?

- Toutes !

religion, m’envoie

- Lis !

- D’accord, mon frère, d’accord (PS : Psst, t’aurais pas une tige à me refiler, mon frère ? Et la nouvelle adresse e-mail d’Aura Msimang à Jobourg, non ?)! D’accord, je lis !

un livre d’Alfred Döblin (ça ne se passe pas à Bruxelles, place Flagey, mais plutôt du côté de Berlin, aux environs de l’Alexanderplatz) dans la gueule (ou, plus élégamment

- Sans même appuyer avec insistance sur le bouton de sonnette !

dépose l’ouvrage

- Mais lis ! Lis donc ! Lis particulièrement les pages 49 et 50, 54 et 55 ! Et toutes les autres aussi ! Tu me diras quoi après ! Et Zoya, la traductrice, est vraiment excellente, peu d’excès et pas trop rapide!

dans ma boîte aux lettres, au n° 21 de la rue Maes, à Ixelles) tandis que Netti Nzouzi me bombarde, me bombarde, me bombarde, me bombarde, me bombarde

- Djuna, à l’aide !

n’arrête pas de me bombarder de virus brazzavillois et que je me trouve dans l’obligation de recourir aux services d’un flic-fils de l’informatique et de la faire inscrire sur une liste d’indésirables.

Et que Gauthier de Villers me demande si j’ai effectivement visité

- Je dois bien admettre, mon cher Gauthier, que je n’y ai jamais ni cherché ni découvert les tombes de Victor Horta, de Constantin Meunier, de Camille Lemonnier, de Jules Bordet, de Louis Empain, de Lilian Tala-Ngai, d’Ernest Solvay, d’Eugène Isaye, de Charles De Coster et de Marguerite de Bonnemains, la petite copine du général Boulanger !

le cimetière d’Arlington et

- La question de tes sources, mon cher Didier, m’intéresse toujours vivement !

voudrait bien que je lui communique le nom de mes indics.

Et que Denis Nanga m’annonce

- Bientôt ?

- Un jour !

qu’il y aura un cours

- Mais Denis ne précise pas dans quel pavillon (vagabondage sexuel, petite et moyenne délinquance mentale ?) ni dans quel rayon (paranoïa, maladie d’Althusser

- Alzheimer, ducon !

trotskisme ou schizophrénie ?) ça va se passer !

d’analyse de mes textes à l’université.

Et que l’Irak rend les gens prolixes et leur donne un sacré talent de bretteurs de mots. Et que la guerre américaine en Irak inspire de foutues colères à Alain Brezault et à Ben Mavinga…

Et que Ya Nze vient d’accuser réception de « Huppé cul », n° 8 « De la journée dans l’escalier à la dernière branlette » : « Bien reçu, bien lu, bien ri », m’écrit-il… Mais il ne me dit toujours rien

- Le bide intégral ! Un texte que personne (chiatique, privé, trop lent ?) ne s’est donné la peine de lire et de commenter ! Sauf Osumba Luhahi, Viktor Rousseau, Trésor Tshamala (alias Tetshim), Claudine De Moor, Judith Bisumbu, Pascale de Villers, Hallain Paluku, Tchen Mukazi…

de « Butembo ! », le compte-rendu en musique de mon voyage dans le temps, à Kinshasa, et de son conte ampliatif « La princesse et le prisonnier », oh !


Désolé pour le répit

- Vous comprendrez mon émotion !

que je vous ai accordé, bien malgré moi, ces quelques derniers jours. En effet, entre l’« Huppé cul ! » 9 et l’« Huppé cul ! » 10, la route a été longue et, parfois, difficile. J’ai dû m’aménager plusieurs espaces de repos, me tenir la caboche pour éviter qu'elle ne tourne (dans ces circonstances-là, il y a cinquante ou soixante ans, on louait

- Pour trois jours seulement, ça ira ?

- Oui, mais on paie à l'avance !

une chambre repeinte à l'eau de Javel, dans un « hôtel pour voyageurs » des environs des gares du Nord, du Midi ou du Quartier Léopold), déjeuner de sandwiches au jambon et de cornets de frites-mayo

- Avec quoi ?

- Cervelas !

sur un trottoir, à l’arrêt du bus ou sous le parvis d’une église, accepter qu’un rat de compagnie me ronge les ongles et me grignote les empreintes digitales.

Et pourquoi ça, pour cause de déprime ou de cuite ?

Un coup de blues après l’Irak ? Difficile de redevenir léger ? On appelle ça des baisses de tension, non ?


Football au cimetière


On ne joue pas au foot comme ça dans un cimetière.

D’abord on fauche les herbes folles et on déménage quelques tombes mal placées.


A chacun son expertise


L’homme tombe par terre, victime d’une crise cardiaque, au beau milieu

- C’est du cinéma !

d’une perquisition et décède sur place tandis que les policiers continuent de renverser les tiroirs et de vider les armoires et oublient

- On n’a pas que ça à faire ! Et ce n’est pas notre boulot, quand même !

d’appeler les services de secours


Godiva


Après quarante années de présence chocolatière au sein de l’Alliance Atlantique, la Belgique

- Pour un milliard d’euros ?

est à vendre. Le conseil d’administration de l’Alliance souhaite, en effet, que le groupe se concentre désormais sur les plats préparés, les soupes, les snacks et les boissons à base de légumes.


Soupçonné de meurtre et souffrant d’un cancer en phase terminale


Les Etats-Unis se dépêchent de condamner à mort et

- Surtout quand son affaire n’est pas très claire et qu’il est atteint d’un cancer en phase terminale !

d’exécuter rapidement leur prisonnier… avant qu’il ne décède par ses propres moyens et ne parvienne à leur échapper…


La famille Vérole


Ah, qu’est-ce que j’aime raconter

- Pourquoi nos parents sont-ils si vieux ? Pourquoi nos parents ne nous font-ils pas rire ?

de belles histoires aux enfants d’autrui : « Les parents Vérole avaient trois enfants, deux jolies filles et un gros garçon, boutonneux et benêt, qui ne sortait jamais sans son béret. La fille aînée, la Grande Vérole, avait une sœur, plus petite qu’elle, aussi jolie qu’elle, plus coquette qu’elle et qui adorait se coucher tendrement dans des tissus de soie parfumée… » !


Mais, hélas, ces belles histoires que j’aime bien leur raconter, aux enfants d’autrui, je n’ai pas toujours l’occasion de les terminer. Très souvent, ces petits salopiauds

- Pourquoi n’avons-nous pas des parents de notre âge ?

s’empressent

- Paf !

de fermer les yeux et de s’endormir en paix pour ne pas devoir encaisser la suite et assumer la fin de mes…

1 F comme Frit, F comme Flagey, B comme Bosteels, S comme Snacks, S comme Sausen.


Huppé cul 1 (hc11) - De la rue d’Isabelle au Tango ya ba Noko

Didier de Lannoy
Huppé cul !
assemblage de chroniques prétendument quotidiennes, janvier-mai 2008
Série 1 - Extraits


D'autres dépêches des séries Huppé cul, etc ?
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Le rue d’Isabelle et le village de François


Le rue d’Isabelle a disparu…

Et le village de François aussi...

Plus personne, nulle part, plus aucun vieux encore en vie (et n’ayant pas encore complètement perdu ses esprits), plus aucun plan ou grimoire ne peut indiquer à qui que ce soit l’endroit où

- Dans le quartier de Pyramides à Evry ? A Molenbeek, entre le canal et la gare de l’Ouest ?

se trouvaient cette rue-ci et ce village-là.

Ni ce qui a provoqué leur disparition : une avalanche, un glissement de terrain, une inondation, une éruption volcanique, une opération immobilière, un bombardement, une rafle, un massacre, la construction de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle…

Ni même

- On en rêverait !

si la rue d’Isabelle était une rue du village de François.


La veuve d’un fonctionnaire de police


Tous les jours, vers 18h, le fils

- Un chômeur !

de la concierge

- Une femme sans mari !

joue de l’accordéon dans la cage d’escalier.

Une pétition circule parmi les co-propriétaires et les co-locataires de l’immeuble, demandant la mise à pied de la concierge et son remplacement par la veuve d’un fonctionnaire de police.


La calvitie du vautour


D’où vient-il que le vautour soit chauve ? Et pourquoi ne porte-t-il jamais de chapeau pour dissimuler sa calvitie ?


Séjour illégal


Des flammes imposantes sortaient encore des fenêtres de l’immeuble.

Plusieurs personnes en séjour illégal avaient réussi à s’enfuir avant l’arrivée des flics, des pompiers et des fonctionnaires de l’Office des étrangers.

Des chiens pisteurs ont aussitôt été envoyés à leur recherche.


Et les fantômes ?


Il faut faire gaffe, cependant. Et ne pas s’enthousiasmer trop vite. Chaque fantôme est attaché à une chaîne et chaque chaîne a son piquet.

Les fantômes, certes, ne prennent pas feu et ne meurent pas dans l’incendie des vieilles demeures, mais ces personnes-là ne sont pas aussi libres qu’on le prétend.


Les grandes plantations


Ainsi donc

à Bruxelles, à Jette-Saint-Pierre, dans le parc de l’hôpital Brugmann, des arbres, aujourd’hui centenaires (des marronniers, des hêtres pourpres, un érable ?), ont-ils été plantés par Victor Horta au début du siècle dernier ?

Et sont-ils, à présent

- Les gérontologues ne sont pas des horticulteurs !

en fin de vie ?


Que tout soit foutu ! Ebeba !


Un vieux dégueulasse, ancien illusionniste et artiste transformiste (s’étant produit dans de nombreux cabarets d’Anvers et de Bruxelles) devenu tire-laine, s’éprend subitement d’une jeune femme (ses lèvres pulpées ! ses tétons dressés ! ses chaussures à talons hauts mettant son cul en évidence !) rencontrée dans le métro, néglige de lui dérober un portefeuille, une paire de gants et deux téléphones portables, ne pense même pas à lui demander son numéro de téléphone mais, sour-

noise-

ment, lui glis-

se la main sous le chemisier et

- Pour le revendre sur internet ?

- Pour se moucher dedans, tiens !

sans même lui tripoter les seins, dégrafe et subtilise un soutien-gorge et lui glis-

se la main sous la jupette et le collant et

- Ce qu’il aime ce sont les parfums, les odeurs, les tissus !

- Et le contact de la chair ?

- Jamais ! Il se contente des emballages et prend bien soin de ne pas toucher la viande !

sans lui palper les fesses, délace ou dénoue quelques ficelles et s’empare d’un string ou d’une petite culotte, avec adresse et tendresse, sans même que la jeune femme s’en aperçoive et

- Ooooooooh ! Une érection, une érection, une érection ! Bon Dieu ! Ça faisait longtemps ! Il ne faut pas rater ça !

dès l’arrêt de la rame, se précipite sur le quai, s’engouffre dans l’ascenseur, grimpe en courant ou « avale » (le contraire de « dévale », quoi !) les marches de l’escalator et

- Vite, viite, viiiiite ! Je vais exploser, je vais décharger ! Vite un endroit où je puisse déballer mon moule-bites et me vider à l’aise !

traverse le boulevard (pour cacher ses angoisses dans des toilettes publiques situées sur le trottoir d’en face) sans regarder, en brûlant l’asphalte, esquive un vélo, une moto, un autobus et deux taxis mais se fait renverser par un camion de la voirie… et

- Si tu es est mort, c’est par la grâce de Dieu !

ressent brusquement une fatigue étrange et langoureuse… avec une grande faiblesse musculaire… et des picotements dans les jambes… comme après une éjaculation…

C’est foutuuu ! Ebebaaaaaaaaaaa…


Deux jours après, les objets volés (un soutien-gorge et

- Et un porte-jarretelles ?

une petite culotte) n’avaient toujours pas été retrouvés. Ni dans une décharge publique de la RBC ni même dans une simple poubelle de quartier.


Correspondances particulières et notes de la rédaction


Les étangs d’Ixelles c’est comme la guerre en Irak, ça inspire toujours les gens :

- Des nostalgies à Aura Msimang (dont finalement, Jean-Paul Dispaux me le confirme, je possédais la bonne adresse e-mail) : “It takes me ages to read some of what you sent me, and sometimes. I need help to understand, but inspite of all that, I really enjoy the visual images that spring to mind, especially this piece, it reminds me so much of my old stomping grounds…”

- Ou des projets criminels à Serge Goldwicht : « Il y a 15 jours, Hélène, Martin (mon fils) et moi avons sorti Jipéji de son antre, et nous nous sommes promené au bord des étangs d’Ixelles. J’ai proposé à Jipéji de le flanquer avec sa chaise roulante dans l’étang, en guise de performance d’art contemporain ! Jipéji n’a pas été d’accord, car il m’a expliqué que j’en tirerais toute la gloire. J’ai donc renoncé à cette performance… »


Alain Brezault me jalouse presque : « Comment as-tu pu recevoir un mail de l'ami Tetshim, lui qui se désespère de ne jamais recevoir les nombreux mails que je lui envoie… »


Bon, faisons le point. Après avoir, du haut de mon cheval de labour ardennais, répondu avec superbe à Anne-Marie La Fère : « un seul héros, tout le monde ! », j’en viens quand même, peu à peu, à me demander s’il ne conviendrait pas (pour fidéliser ma supposée chalandise) de mettre en évidence quelques sous-fifres : une divinité de seconde catégorie, fin de race ou en vente rapide (qu’on appellera quand même, comme tous les autres petits chefs, « Dieu » ou « Patron »), un fromage de deuxième plateau, un joueur de réserve d’un club de football de troisième division provinciale, un bon vieux tram ringard et bruyant, un rat…

Imaginerai-je et raconterai-je les aventures de Dieu, du tram 81 et de Cannabis

- Ce n’est pas un rat, c’est un octodon !

le rat de Sukina ?

Je soumets cette suggestion à l’appréciation de la base…


Bon ben, en attendant, je m’efforce vaille que vaille de suivre la « ligne » fixée

- Et approuvée par Alain Brezault ! fait observer Alain Brezault…

par le guide clairvoyant, Carmelo Virone et d’éviter les : « remords, retours, ratures, littérature ! »


Hivers


Un drapeau oublié sur un balcon, dans le froid, sous la pluie, se chope une pneumonie. Un assassin, en planque au pied de l’immeuble, se lasse de ne pas voir arriver sa cible. Un homme en sous-vêtements, réfugié sur le toit, finit par agiter un mouchoir blanc.


Tiens, v’là d’jà l’bon Dieu


Dieu… dont l’avion a dépassé la piste lors de son atterrissage sur l’aéroport de Kinshasa… s’en est sorti indemne.

Dieu est grand.

Dieu sait se protéger.

Dieu se tire toujours des flûtes.


La rue de la Longue vie


Après m’avoir encore fait

- Inspirer, bloquer, ne pas respirer !

patienter longtemps dans une salle d’attente puis m’avoir déshabillé, ligoté et enfermé dans un cercueil à pression ou fait

- Respirez profondément, retenez votre respiration…… Respirez de nouveau !

passer, passer et repasser à l’intérieur d’un cercle ou d’un anneau magique pendant

- Et tout l’air que je devais me retenir d’expirer finissait par sortir par les yeux, les cheveux et les oreilles !

toute une matinée, les magistrats de la cour d’assises, après en avoir longuement délibéré, vont-ils enfin proclamer solennellement les résultats de mes analyses, scanners et autres IRM de la session en cours et, applaudis par les prêtres et les policiers, finiront-ils par me délivrer un ordre de quitter le territoire ?


Vespasien


Propriétaire d’une

- On ne mange pas son sachet de frites en urinant ! On ne parle pas à son voisin de table en pissant ! On n’oublie pas de verser son obole au portier en sortant de l’établissement !

chaîne de toilettes publiques low-cost, Vespasien

- On ne téléphone pas dans les latrines ! On ne s’y embrasse pas ! On n’y fait pas l’amour ! On n’y vole pas les portefeuilles ! On n’y égorge personne ! On ne s’y pend pas non plus et on n’utilise pas, à cet effet, le tuyau d’arrosage du préposé à l’entretien des pissotières !

a toujours su concilier la finalité sociale de son commerce et

- Atteindre une taille critique ! Etre en mesure d’imposer ses choix ! Doubler le chiffre d’affaires !

les sévères impératifs de gestion permettant de garantir à son entreprise une croissance rapide et soutenue.


Tango ya ba Noko


Au Congo blanc, dans les beaux quartiers blancs et dans la bonne société blanche de Léopoldville, quand on voyait un homme à barbe et une femme voilée sous un parapluie et qu’on découvrait

- Un Père de Scheut en compagnie d’une religieuse du Sacré-Cœur, oh !

on se disait alors :

- Quelle mésalliance !